Résidence secondaire trop peu occupée : la partager plutôt que la vendre
Isabelle a fait estimer sa maison du Lubéron deux fois en trois ans. Elle ne l'a pas vendue. Aujourd'hui la maison sert une vingtaine de semaines par an, et les charges se partagent.
Isabelle, 58 ans — Paris
Isabelle a hérité d'une maison dans le Lubéron. Pendant six ans, elle y est allée deux à trois semaines par an. « Le reste du temps, je payais pour une maison fermée. »
Le calcul qui pousse à vendre
Taxe foncière, assurance, chauffage hors gel, entretien du jardin, une intervention de plombier après un hiver. « J'ai fait le total une année. Rapporté aux nuits que j'y passais, chaque nuit me coûtait plus qu'un bon hôtel. »
Elle a fait estimer la maison deux fois. « À chaque fois, je reculais. Ce n'était pas une question d'argent, c'était la maison où mes enfants ont appris à nager. »
« Je ne voulais pas la vendre. Je voulais juste qu'elle arrête d'être une charge pour rien. »
Le glissement qu'elle voulait éviter
La location saisonnière lui a été conseillée plusieurs fois. Elle s'y est refusée pour une raison précise : la maison contient des objets de famille, des photos, des affaires qu'on ne range pas avant chaque séjour.
C'est un point que beaucoup de propriétaires décrivent. Louer suppose de dépersonnaliser : vider les placards, retirer ce qui a de la valeur, transformer une maison de famille en logement neutre. L'opération se fait, mais elle coûte quelque chose qui ne se compte pas en euros.
Ce qu'elle a mis en place
Isabelle a rejoint puis constitué un cercle autour de la maison : ses deux enfants et leurs conjoints, sa sœur, deux neveux, et trois couples d'amis proches — dont deux ont eux-mêmes une maison qu'ils partagent en retour.
- Les charges d'occupation sont affichées. Le coût d'une semaine en électricité, chauffage et eau figure sur la fiche. Chacun participe sans qu'on relève les compteurs.
- Rien n'est facturé à la nuit. Il n'y a ni prix, ni caution, ni contrat de location — donc aucune obligation déclarative liée à la location saisonnière.
- Les affaires restent en place. « Mes photos sont toujours sur la cheminée. Personne ne les a déplacées. »
Ce que ça a changé
La maison est occupée une vingtaine de semaines par an. Les charges courantes ne pèsent plus sur elle seule. Et l'entretien s'est réparti sans qu'on l'organise : « Mon neveu a retaillé la haie parce qu'il y était en juin. Je ne lui avais rien demandé. »
Elle n'a pas fait d'économie spectaculaire. Ce qui a changé est ailleurs : la maison a cessé d'être un problème à trancher.
Pour qui cette situation parle
Elle concerne les propriétaires de résidence secondaire qui hésitent entre vendre et supporter des charges pour un bien sous-occupé, et ceux à qui la location a été conseillée sans qu'elle corresponde à ce qu'ils veulent. La question utile n'est pas « combien ça rapporte » mais « pour qui cette maison est-elle entretenue ».
Questions fréquentes
Faut-il vendre une résidence secondaire qu'on n'utilise pas ?
Comment rentabiliser une résidence secondaire sans la louer ?
Qui paie les charges d'une maison partagée ?
D'autres situations
- Je ne possède aucune maison, et je fais partie d'un Klub Antoine loue un deux-pièces à Rennes. Il n'a rien à mettre dans un Klub — et il en fait partie depuis deux ans, invité par des amis qui, eux, ont des maisons.
- Nos enfants vivent dans quatre villes, on se retrouve enfin plus souvent Trois enfants, quatre villes, des Noëls qui s'espaçaient. La maison de Bretagne était toujours là — c'est le fait de savoir qui pouvait venir quand qui manquait.
- Quatre couples d'amis, quatre maisons, un réseau privé Ils partaient trois week-ends par an, freinés par le coût de l'hébergement. Depuis qu'ils partagent leurs quatre maisons, il s'en organise presque un par mois — sans que personne tienne les comptes.