Réunir une famille dispersée : organiser les retrouvailles autour d'une maison
Trois enfants, quatre villes, des Noëls qui s'espaçaient. La maison de Bretagne était toujours là — c'est le fait de savoir qui pouvait venir quand qui manquait.
Nathalie, 49 ans — Nantes
Nathalie et son mari vivent à Nantes. Leurs trois enfants sont à Paris, Toulouse et Bruxelles. La maison de famille est en Bretagne, près de Lorient.
Des retrouvailles qui s'espaçaient
« Quand ils étaient étudiants, on s'y retrouvait tous en août. Puis il y a eu les conjoints, les belles-familles, les congés qui ne tombent pas ensemble, et un premier petit-fils. »
La difficulté n'était pas l'envie. « On cherchait la semaine où tout le monde pouvait. Elle n'existait plus. Alors on ne faisait rien. »
« On attendait la date parfaite, et on ne se voyait plus du tout. »
Le changement de méthode
Nathalie a créé un Klub familial autour de la maison. Chacun — enfants, conjoints, ses deux frères et leurs familles — peut y réserver des dates.
On ne cherche plus la date commune
« La première année, ma fille a pris la deuxième semaine de juillet. Mon fils a vu qu'elle y serait et il a pris la fin de cette semaine-là, pour se croiser deux jours. Personne n'avait organisé ça. »
C'est le retournement principal : au lieu de chercher une semaine où quinze personnes sont libres, chacun pose ses dates et les recoupements se font seuls. Il y a moins de grandes réunions, et beaucoup plus de retrouvailles à quatre ou six.
Personne n'est le secrétaire
« Avant, c'était moi. J'appelais tout le monde en avril, je notais, je rappelais. Je ne le fais plus, et honnêtement ça me manque moins que je ne le pensais. »
Ce que ça a changé
La maison est occupée une quinzaine de semaines par an, contre quatre ou cinq auparavant. Nathalie a vu deux de ses petits-enfants y passer une semaine ensemble sans qu'elle y soit.
« C'est bête, mais c'est exactement ce que je voulais : que la maison serve, même quand je n'y suis pas. »
Pour qui cette situation parle
Elle concerne les familles éclatées géographiquement qui possèdent encore un point d'ancrage, et celles où l'organisation repose depuis toujours sur une seule personne. La maison n'est presque jamais le problème : c'est la coordination qui s'est arrêtée de fonctionner à mesure que la famille s'agrandissait.
Questions fréquentes
Comment organiser des retrouvailles familiales quand tout le monde vit loin ?
Faut-il que toute la famille vienne aux mêmes dates ?
Comment éviter que ce soit toujours les mêmes qui organisent ?
D'autres situations
- Je ne possède aucune maison, et je fais partie d'un Klub Antoine loue un deux-pièces à Rennes. Il n'a rien à mettre dans un Klub — et il en fait partie depuis deux ans, invité par des amis qui, eux, ont des maisons.
- Quatre couples d'amis, quatre maisons, un réseau privé Ils partaient trois week-ends par an, freinés par le coût de l'hébergement. Depuis qu'ils partagent leurs quatre maisons, il s'en organise presque un par mois — sans que personne tienne les comptes.
- Ma résidence secondaire me coûtait cher : je l'ai partagée au lieu de la vendre Isabelle a fait estimer sa maison du Lubéron deux fois en trois ans. Elle ne l'a pas vendue. Aujourd'hui la maison sert une vingtaine de semaines par an, et les charges se partagent.